Reinventing organizations

de Frédéric Laloux

 

📚 De quoi parle-t-on?

On ne va pas se mentir : dès qu’on parle de « modèles organisationnels », on a généralement envie de s’ouvrir les veines avec une cuillère en métal. Tout le monde visualise les organigrammes en pyramide qui ressemblent à une partie de Tetris ratée ? Frédéric Laloux a réussi l’exploit de rendre le sujet presque enthousiasmant avec son best-seller Reinventing Organizations. Sa thèse ? L’humanité a gravi les échelons du management comme on change de ceinture au dojo. On a commencé par le Rouge (la loi du plus fort, ambiance mafia ou meute de loups), on est passé par l’Ambre (la hiérarchie immuable façon armée ou église), puis l’Orange (la méritocratie agressive, les objectifs chiffrés et le burn-out en option). Aujourd'hui, on nous promet l'émergence de l'Opale (ou Teal pour ceux qui veulent briller en séminaire). Ici, on enterre les rapports de force pour viser trois concepts qui font rêver sur le papier : l'autogouvernance, la plénitude et la raison d’être .

 

🤔 Pourquoi c’est intéressant ?

Parce que quand on passe ses journées à s’occuper de la « transformation » d’une institution aussi massive que l’UNIGE, on réalise vite que si la base communautaire ne suit pas, le projet finit direct au compost. Ça ne marche que si la base communautaire décide d'y injecter ses idées et ses compétences (oui, vous. Nous aussi d'ailleurs. Bref, vous avez compris, on parle de tous les gens qui font tourner la boutique). Laloux nous explique, avec des mots plus soignés que les nôtres, que prendre en compte l’individu n’est pas qu’une lubie de psychologue du travail, c’est un petit miracle organisationnel. Ça permet de mettre des mots sur ce qu’on ressent et, surtout, de prioriser les combats. Parce que transformer sans engagement, c’est comme essayer de faire avancer un paquebot en ramant avec une raquette de tennis : c’est fatiguant et ça ne mène nulle part.

 

🏆 Le verdict du BT

Soyons honnêtes : personne n’a le temps de s'enfiler un pavé théorique de 500 pages entre deux comités de pilotage et trois validations de budget. C’est là que le génie frappe : cette édition est la version résumée et illustrée du best-seller. Ça se lit avec la même fluidité qu’une BD, c’est visuel, et ça évite le côté « mode d’emploi rigide » qui finit d’ordinaire par caler une armoire bancale. On y pioche ce qui nous parle, on laisse de côté ce qui semble trop perché, et on repart avec des billes concrètes pour imaginer un futur où l'on ne se sent pas juste comme un rouage dans une machine à café en panne. Bref, une lecture indispensable pour ne pas finir dans le rouge et enfin comprendre pourquoi on veut tous devenir « Opale »... juste avant de retourner remplir son formulaire de demande d'accès au Wi-Fi.

article rédigé par Raphaël Thézé, avec l'aide de Gemini

"L'autogouvernance, c'est sympa jusqu'au moment où il faut vider le lave-vaisselle de l'espace commun. Là, bizarrement, je vois 'Rouge'. Un secrétaire, nostalgique de l'époque où les décisions étaient encouragées à la massue.