21 mai 2026 - UNIGE
Une chaire pour mieux anticiper les catastrophes alpines
Pour étudier l’impact du changement climatique sur les laves torrentielles et autres risques naturels dans les Alpes européennes, l’UNIGE ouvre une nouvelle chaire. Les recherches se concentreront également sur les stratégies d’atténuation.

Le 25 juillet 2022, un orage local extrême au Piz Nair (Engadine, Suisse) a provoqué une lave torrentielle touchant forêts, infrastructures et routes. Image: UNIGE/C-CIA
Soudaines, violentes et imprévisibles, les laves torrentielles dévalent les montagnes avec une force dévastatrice. Ces coulées, composées d’un mélange d’eau, de débris, de boue et de roches, emportent sur leur passage blocs rocheux et troncs d’arbres, provoquant des dégâts généralisés – routes ensevelies, ponts endommagés, habitations détruites et infrastructures électriques gravement touchées. Les dommages s’élèvent souvent à plusieurs centaines de millions de francs suisses, avec parfois de lourdes pertes humaines. Souvent déclenché par des orages intenses ou des pluies diluviennes, ce type d’événement se produit lorsque l’eau mobilise des matériaux meubles, comme du sable, des graviers ou de la terre, sur des pentes d’au moins 25%.
Deux décennies d’expérience
Pour répondre aux périls croissants que les changements climatiques font peser sur les Alpes, l’UNIGE lance une nouvelle chaire dédiée à l’étude des risques naturels en montagne, grâce au soutien du Fonds AXA pour le progrès humain. Elle se concentrera en particulier sur les laves torrentielles et leurs conséquences en Suisse, en France, en Autriche, en Allemagne et en Iitalie. Dirigée par Markus Stoffel, professeur à la Section des sciences de la Terre et de l’environnement (Faculté des sciences) et spécialiste des risques liés au climat, la chaire s’appuiera sur deux décennies d’expérience et combinera observations de terrain, télédétection et modélisation des processus afin de mieux comprendre où et quand les versants cèdent, jusqu’où se propagent les coulées destructrices ainsi que leur impact sur les communautés exposées et les infrastructures critiques.
Atténuer les dommages
«La nouvelle chaire offrira une occasion unique d’étudier les effets de l’évolution des conditions climatiques sur les risques de mouvements de terrain dans les Alpes européennes, explique Markus Stoffel. L’avalanche de Blatten l’an dernier ou les laves torrentielles meurtrières de l’été 2024 soulignent l’urgence de mieux comprendre ces processus et leur dynamique. Si nous ne pouvons pas empêcher la survenue de ces phénomènes, nous pouvons certainement en atténuer les dommages.»
La chaire AXA sur les risques de catastrophes en montagne recevra 200’000 euros par an pendant cinq ans et accueillera trois doctorantes et doctorants ainsi que deux chercheuses et chercheurs seniors, dont l’un à 50%. Elle examinera la façon dont le réchauffement climatique, l’évolution des régimes de précipitations, le recul des glaciers et la dégradation du pergélisol influencent la fréquence, l’intensité et les impacts de différents types de mouvements de terrain en montagne. Elle adoptera une approche globale visant à quantifier et à évaluer les futurs risques tout en contribuant à la définition de stratégies – en collaboration avec les actrices et acteurs publics et privés –, visant à limiter les pertes et les dommages. Le financement de cette nouvelle chaire fait suite à un appel à projets hautement compétitif lancé par le Fonds AXA pour le progrès humain, au terme duquel la démarche proposée par Markus Stoffel a été retenue parmi plus d’une centaine de candidatures.