Traducthon

Projet

Project

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Annexes

Général
165
Traducthon
Traducthon
Susan Pickford & Marianne Starlander
Cécile Guiraud ; Hianau Siu
Susan.Pickford@unige.ch
Gestion de projets
T207039
Catégorisation
Master
25 - 50
Responsabiliser
Développer des compétences
Université de Genève
FTI
2024
Oui
Description du projet
Ce projet propose un dispositif intensif, un traducthon collaboratif, permettant aux étudiant-es de mettre en pratique les compétences techniques et transversales acquises dans le Master, autour d’un mandat réel de traduction. Cette activité favorise la collaboration entre unités et offre une immersion concrète dans les réalités professionnelles du métier.

Plusieurs constats récurrents ont mené au développement du projet. D’une part, les cours portant sur les aspects techniques de la traduction, la gestion de projet ou les technologies associées sont souvent dispensés de manière cloisonnée, sans réelle opportunité d’application transversale. D’autre part, les étudiant-es expriment le besoin de mieux relier ces savoirs théoriques à des mises en situation réalistes, leur permettant d’en éprouver la pertinence et la complémentarité.

Par ailleurs, les échanges avec les alumni révèlent un décalage entre la formation reçue et les attentes des employeurs, notamment en ce qui concerne les compétences dites soft, comme la communication, la gestion du temps, le travail en équipe ou la résolution de problèmes. Ces dimensions sont pourtant devenues déterminantes dans les processus de recrutement, mais restent difficiles à travailler de manière formelle dans le cadre de cours de 90 minutes.

Dans ce contexte, le traducthon a été conçu comme un espace-temps dédié à l’expérimentation active de ces compétences. Il permet également de décloisonner les unités d’enseignement et de favoriser les interactions entre étudiant-es issu-es de différentes orientations du master, et de différentes langues de travail, en les réunissant autour d’un projet commun.

Le traducthon se déroule sur un jour et demi, un vendredi après-midi suivi d’un samedi complet. Il mobilise une cinquantaine d’étudiant-es réparti-es en cinq équipes d’une dizaine de personnes. Chaque équipe se voit confier une mission de traduction issue d’un mandat réel, avec un corpus conséquent, d’environ une trentaine de pages, portant sur un thème à forte dimension sociétale — en l’occurrence, un document stratégique sur l’égalité de genre, initialement produit par une institution suisse.

Le vendredi est consacré à la mise en place du projet. Après une séance d’introduction expliquant le déroulement et les rôles possibles, les étudiant-es reçoivent leur affectation en fonction de trois préférences exprimées au préalable. Cinq rôles principaux sont définis au sein de chaque équipe : gestionnaire de projet, spécialiste des technologies, terminologue, traducteur/trice et réviseur/euses. Des sous-équipes intergroupes sont constituées pour les terminologues et les spécialistes des technologies, afin de faciliter les échanges méthodologiques. Une dernière équipe, transversale, est chargée de la communication : elle réalise des interviews, prend des photos, alimente les réseaux sociaux et documente l’expérience de l’intérieur.

Le samedi, les équipes entrent dans la phase opérationnelle. À partir du corpus initial et d’une feuille de route précise, elles doivent répartir le travail, établir un devis, préparer la traduction à l’aide d’une mémoire issue de la version précédente du texte, effectuer une extraction terminologique thématique et produire la traduction finale. L’ensemble du processus repose sur l’utilisation d’outils professionnels déjà abordés dans les cours (logiciels de TAO, bases de données terminologiques, systèmes d’analyse comparative, etc.). L’activité se conclut par une brève présentation orale de chaque équipe, centrée sur les problèmes rencontrés, les solutions mises en place et la dynamique de groupe, suivie d’un moment convivial et d’une remise de prix soulignant les compétences transversales observées : meilleure gestion du budget, esprit d’équipe, communication client, créativité ou encore gestion du stress.

L’évaluation repose sur la présence active des étudiant-es durant toute la durée du traducthon et sur leur implication dans la restitution orale. Aucun travail écrit n’est exigé, mais un questionnaire d’évaluation doit être rempli à l’issue de l’événement.

La première édition du traducthon a rencontré un vif succès, tant du point de vue des étudiant-es que des enseignant-es impliqué-es. L’activité a permis de renforcer la cohésion entre les étudiant-es du master, de décloisonner les enseignements, et de créer un espace d’apprentissage dynamique, où chacun-e a pu s’approprier les outils de la profession de manière concrète. L’un des aspects les plus appréciés a été l’ambiance collaborative et non hiérarchique : les étudiant-es ont pu constater que les enseignant-es étaient eux-mêmes dans une posture d’apprentissage, ce qui a renforcé l’engagement mutuel.

Plusieurs points de vigilance sont néanmoins à relever. Le temps de préparation en amont est conséquent : choix du mandat, adaptation du corpus, affectation des rôles, planification logistique (espaces de travail, encadrement, repas). Il est également important de bien encadrer les étudiant-es en amont, en proposant une séance d’information explicite, tout en laissant une marge d’initiative dans l’organisation interne de chaque équipe. Il pourrait également être bienvenu de prévoir des activités brise-glace en début de session.

Le découpage du texte à traduire doit être pensé avec soin, car il implique un travail de révision important a posteriori pour garantir la cohérence ; celle-ci est assurée par les enseignant-es.

Enfin, quelques ajustements pratiques méritent d’être pris en compte : éviter d’organiser l’événement sur un week-end complet si possible, prévoir suffisamment d’espaces de travail proches les uns des autres, et surtout, ne pas sous-estimer l’importance des moments de pause et de convivialité. Le repas du samedi midi, financé par la faculté, a largement contribué à la qualité des échanges et à la satisfaction générale.

Ce projet a suscité l’intérêt d’autres enseignant-es qui souhaiteraient y participer ou s’en inspirer pour d’autres formations. Il constitue une base solide pour penser des dispositifs similaires à plus long terme, à condition d’en maintenir l’esprit d’ouverture, de collaboration et de réalisme professionnel. La participation des enseignant-es dans des rôles d’accompagnement a également représenté un levier important pour faire évoluer les pratiques pédagogiques, dans une dynamique d’apprentissage partagée.

« J'aime bien l'idée de nous donner l'opportunité de vivre une expérience qui s'approche de la réalité sur un week-end. Le repas était définitivement réussi et les goodies aussi. C'était bien de ne pas se retrouver qu'avec des gens de notre unité de langue pour une fois, mais de pouvoir connecter avec d'autres personnes que d'habitude. J'ai beaucoup apprécié l'équipe de com. Le samedi, j'ai eu du plaisir à faire ce que je devais faire. Je me suis trouvé un rôle plus défini au sein de l'équipe par rapport au vendredi. »

« Je n'ai pas vraiment l'impression que le rôle de gestionnaire de projets lors du Traducthon m'a réellement permis de faire d'autres choses que ce que j'avais déjà fait dans le cadre de l'autre projet du cours de Gestion de projets (redondance). Tout demeurait finalement assez "artificiel": les données saisies dans LSP Expert ne seront forcément jamais réutilisées, le devis était "condamné" à être fantaisiste (difficile de connaître les prix du marché, entre autres), l'utilisation du portail était superflue (acteurs tous présents en même temps et courte durée de l'événement), etc. »

« Le mandat était réel, ce n'était pas juste une situation fictive et donc le travail était à prendre

très au serieux. La collaboration avec des étudiants de différentes unités, car normalement on est un peu chacun dans son groupe. Coup d'œil sur la réalité du monde de travail. Extrêmement enrichissant relativement au temps investi dans la tâche. »

« L'activité de traduction était plutôt une activité de post-editing, ce que j'ai trouvé moins stimulant par rapport à ce à quoi je m'attendais. La simplicité de la tâche a aussi fait que mon intervention ait duré seulement 30 minutes, ce qui est peu en comparaison avec les 10 heures de l’événement. »

« Expérience globalement très enrichissante, offrant de belles opportunités de réseautage et particulièrement formatrice pour des rôles tels que chef de projet ou terminologue. Elle permet également d’avoir un aperçu du type de contenu que nous serons amenés à traduire plus tard dans notre carrière. Les organisatrices ont toujours été disponibles et ont su nous encourager malgré notre manque d’expérience, avec beaucoup de patience et d’ouverture. »

This project offers an intensive program, a collaborative translation marathon, allowing students to put into practice the technical and cross-disciplinary skills acquired in the Master's program, through a real translation assignment. This activity promotes collaboration between units and offers practical immersion in the professional realities of the profession.

Several recurring observations led to the development of the project. On the one hand, courses on the technical aspects of translation, project management, and related technologies are often taught in isolation, without any real opportunity for cross-disciplinary application. On the other hand, students express the need to better connect this theoretical knowledge to realistic situations, allowing them to experience its relevance and complementarity.

Furthermore, discussions with alumni reveal a gap between the training received and employers' expectations, particularly regarding soft skills such as communication, time management, teamwork, and problem solving. These skills have become crucial in the recruitment process but remain difficult to work on formally in 90-minute classes.

In this context, the translation marathon was designed as a space and time dedicated to actively experimenting with these skills. It also breaks down barriers between teaching units and encourages interaction between students from different Master's programs and different working languages by bringing them together around a common project.

The translation marathon takes place over a day and a half, on a Friday afternoon followed by a full Saturday. It involves around fifty students divided into five teams of ten people. Each team is given a translation assignment based on a real-life project, with a substantial corpus of around 30 pages on a topic with a strong societal dimension—in this case, a strategic document on gender equality, originally produced by a Swiss institution.

Friday is devoted to setting up the project. After an introductory session explaining the process and possible roles, students are assigned their tasks based on three preferences they have expressed in advance. Five main roles are defined within each team: project manager, technology specialist, terminologist, translator, and reviser. Intergroup sub-teams are formed for terminologists and technology specialists to facilitate methodological exchanges. A final cross-functional team is responsible for communication: it conducts interviews, takes photos, posts on social media, and documents the experience from the inside.

On Saturday, the teams enter the operational phase. Using the initial corpus and a detailed roadmap, they must divide up the work, draw up a quote, prepare the translation using a memory from the previous version of the text, extract thematic terminology, and produce the final translation. The entire process relies on the use of professional tools already covered in class (CAT software, terminology databases, comparative analysis systems, etc.). The activity concludes with a brief oral presentation by each team, focusing on the problems encountered, the solutions implemented, and the group dynamics, followed by a social gathering and an awards ceremony highlighting the cross-disciplinary skills observed: best budget management, team spirit, customer communication, creativity, and stress management.

Assessment is based on the students' active participation throughout the translation marathon and their involvement in the oral presentation. No written work is required, but an evaluation questionnaire must be completed at the end of the event.

The first edition of the translation marathon was a resounding success, both from the perspective of the students and the teachers involved. The activity helped to strengthen cohesion among the master's students, break down barriers between different courses, and create a dynamic learning space where everyone was able to acquire practical skills for their future profession. One of the most appreciated aspects was the collaborative and non-hierarchical atmosphere: students were able to see that the teachers themselves were in a learning position, which strengthened mutual commitment.

However, several points require attention. The preparation time beforehand is considerable: choosing the assignment, adapting the corpus, assigning roles, and planning logistics (workspaces, supervision, meals). It is also important to provide students with clear guidance beforehand, offering an informative session while leaving room for initiative in the internal organization of each team. It may also be a good idea to plan icebreaker activities at the beginning of the session.

The text to be translated must be carefully divided into sections, as this involves a significant amount of revision work afterwards to ensure consistency; this is carried out by the teachers.

Finally, a few practical adjustments are worth considering : avoid organizing the event over a full weekend if possible, provide enough workspaces close to each other, and above all, do not underestimate the importance of breaks and socializing. The Saturday lunch, funded by the faculty, greatly contributed to the quality of the exchanges and overall satisfaction.

This project has attracted the interest of other teachers who would like to participate or use it as inspiration for other training courses. It provides a solid basis for developing similar initiatives in the longer term, provided that the spirit of openness, collaboration, and professional realism is maintained. The participation of teachers in support roles also represented an important lever for changing teaching practices, in a dynamic of shared learning.

"I like the idea of giving us the opportunity to have an experience that is close to reality over a weekend. The meal was definitely a success, as were the goodies. It was nice not to be with just people from our language unit for once, but to be able to connect with other people than usual. I really appreciated the communications team. On Saturday, I enjoyed doing what I had to do. I found myself with a more defined role within the team compared to Friday."

"I don't really feel that the role of project manager during the Traducthon allowed me to do anything different from what I had already done in the other project for the Project Management course (redundancy). In the end, everything remained quite “artificial”: the data entered into LSP Expert will never be reused, the quote was ‘doomed’ to be unrealistic (difficult to know market prices, among other things), the use of the portal was superfluous (all participants were present at the same time and the event was short), etc."

"The assignment was real, it wasn't just a fictional situation, so the work had to be taken

very seriously. Collaboration with students from different departments, because normally we all tend to stick to our own groups. A glimpse into the reality of the working world. Extremely rewarding in relation to the time invested in the task. "

"The translation activity was more like post-editing, which I found less stimulating than I had expected. The simplicity of the task also meant that my involvement lasted only 30 minutes, which is not much compared to the 10 hours of the event. "

“Overall, it was a very rewarding experience, offering great networking opportunities and particularly valuable training for roles such as project manager or terminologist. It also gave us an insight into the type of content we will be translating later in our careers. The organizers were always available and encouraged us despite our lack of experience, with a lot of patience and openness.”

Illustrations/annexes
https://mediaserver.unige.ch/proxy/296047/oiv7oJPurOmDtQV7.mp4
Nouvelles fonctionnalitées
02/03/2026
02/03/2026
Non
Institution Faculté Couleur (Hexadecimal)
Université de Genève Transversal #CF0063
Université de Genève Théologie #4B0B71
Université de Genève SDS #F1AB00
Université de Genève Sciences #007E64
Université de Genève Médecine #96004B
Université de Genève Lettres #0067C5
Université de Genève GSEM #465F7F
Université de Genève FTI #FF5C00
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Situation problématique Page cible Situation Main color Dark color Illustration
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Faire créer Faire creer Create #ffa248 #bc7c3c FaireCréer.svg
Nom de l'innovation Page Cible Innovation name
Impliquer dans l'enseignement Impliquer dans l'enseignement Involve students in the teaching process
Exposer des cas pratiques Exposer des cas pratiques Examine case studies
Impliquer dans la Recherche Impliquer dans la Recherche Involve students in the research process
Démontrer Démontrer Demonstrate
Donner la parole Donner la parole Hear from students
Faire conceptualiser un projet Faire conceptualiser un projet Have students conceptualize a project
Faire gérer un projet Faire gérer un projet Have students manage a project
Faire réagir Faire réagir Generate reactions
Faire réaliser une production originale Faire réaliser une production originale Have students produce an original production
Développer des compétences Développer des compétences Develop skills
Simuler une situation Simuler une situation Simulate a situation
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