5 mars 2026 - UNIGE

 

Vie de l'UNIGE

«Trouver un emploi, c’est avoir les idées claires»

Deux événements destinés à favoriser l’employabilité des étudiant-es et doctorant-es sont organisés dès ce mois de mars à l’UNIGE. Tour d’horizon et témoignage.

 

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Photo: Fabien Scotti/UNIGE

 

À l’UNIGE, les prémices du printemps sont synonymes de projets d’avenir et de préparation à l’entrée dans le monde du travail. Deux rendez-vous sont inscrits à l’agenda de ce mois de mars pour accompagner étudiant-es et doctorant-es dans leur démarche d’insertion professionnelle. Un Forum carrière dédié aux métiers de l’économie, du management et des relations internationales aura lieu le vendredi 6 mars. Du 23 au 27 mars, ce sera au tour des étudiant-es et doctorant-es en sciences d’être invité-es à un Focus carrière science qui mettra l’accent sur la transition académie-industrie, l’impact de l’intelligence artificielle sur la recherche d’emploi et les opportunités de carrière à l’Université, en laboratoire, en finance ou en conseil.

 

 

Des enquêtes menées par l’Observatoire de la vie étudiante de l’UNIGE (OVE) montrent que près des deux tiers des jeunes choisissent leur domaine d’études en fonction de leurs préférences personnelles et non pas avec un projet de carrière en tête. S’il est plutôt rassurant de constater que le plaisir entre en ligne de compte dans ce choix, cela explique aussi qu’une grande majorité d’entre elles et d’entre eux finissent leurs études sans aucune réelle connaissance des débouchés professionnels.

 

Rencontrer des employeurs
«Les forums carrière que nous organisons visent à élargir les horizons des étudiantes et étudiants et à leur donner une meilleure connaissance des métiers qui peuvent correspondre aux compétences qu’elles ou ils ont acquises, explique Magali Cailleaux, cheffe de projet du Centre de carrière à Vie de campus (DIFE). C’est un sujet qui est rarement abordé dans le cadre de l’enseignement. Les étudiant-es ont certes des idées sur les métiers qui les attendent, mais elles et ils ne savent pas forcément que ces métiers se déclinent de manière différente d’une institution ou d’une entreprise à l’autre. De même qu’elles ou ils ne sont pas toujours conscients de la diversité des parcours professionnels.»

 

Dans cette optique, les rendez-vous carrière offrent des opportunités de rencontrer des employeurs – une trentaine lors du Forum du 6 mars, dont des institutions locales, des organisations internationales ainsi que de grandes entreprises privées – et de nouer des contacts, notamment avec des personnes travaillant au sein de ces entités. Des séances de speed dating professionnel ou de speed recruitment sont parfois proposées pour faciliter les échanges. Des alumni sont également convié-es pour témoigner de leur expérience d’insertion. Ces moments de rencontre font au préalable l’objet d’une préparation. «Il importe que les étudiant-es se renseignent sur les employeurs, leurs activités et leurs métiers. Nous les aidons aussi à aborder leurs interlocuteurs/trices, à se présenter, en se fixant des objectifs, afin que ces premières rencontres débouchent sur un début de relation professionnelle. Cela passe également par un travail de pitching, orienté sur la posture et la confiance. Trouver un emploi, c’est avoir les idées claires», ajoute l’organisatrice.

 

Miser sur la singularité
Mais comment mettre en avant son profil, sachant qu’il est à peu de chose près identique à celui des autres étudiant-es d’une même filière? «Nous travaillons beaucoup sur la thématique des soft skills, indique Magali Cailleaux. Car ce sont souvent ces compétences qui font la différence. Nous incitons les étudiant-es à faire valoir leur singularité, car les employeurs sont avant tout soucieux de dénicher des personnes avec lesquelles ils ont envie de travailler. Il faut savoir susciter la curiosité et l’envie.»

 

Enfin, ces rendez-vous permettent de se former à l’art du réseautage. Les organisateurs/trices ont conçu cet apprentissage sous la forme d’un jeu, avec à la clé la possibilité de se voir offrir une séance photo avec un-e photographe professionnel-le, de quoi booster son CV et son profil LinkedIn.

 

TÉMOIGNAGE

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Quelles carrières pour les doctorant-es?

Les doctorant-es arrivent sur le marché du travail avec un certain nombre d’atouts – la preuve d’une solide expérience scientifique, des capacités d’analyse, de gestion de projet et de synthèse – très recherchés dans certains secteurs d’activité. Leur titre peut cependant jouer en leur défaveur, lorsqu’il suscite des craintes de surqualification. Il arrive aussi que ces personnes abordent le milieu professionnel non universitaire avec une posture un peu négative, parce qu’elles ont vécu leur renoncement à la carrière académique comme un échec.

Mais le doctorat s’inscrit aussi parfois dans un projet de carrière hors université mûrement réfléchi. En témoigne le parcours d’Adèle Rakotonirina, qui a rejoint le monde de l’industrie après une thèse en technologie pharmaceutique à l’UNIGE. Elle travaille aujourd’hui dans une entreprise spécialisée dans la machinerie pour le secteur pharmaceutique, où elle occupe un poste dans le développement commercial de la société.

 

Le Journal: Vous avez fait une thèse remarquée: votre prestation au concours «Ma thèse en 180 secondes», en 2022, vous a valu le 2e prix du jury ainsi que le prix du public. Pourquoi ne pas avoir poursuivi dans la voie académique?

Adèle Rakotonirina: Au cours de mes études de pharmacie, j’ai pris conscience que je souhaitais m’orienter vers l’industrie. Cependant, les postes qui m’intéressaient exigeaient un doctorat. J’ai donc décidé d’entreprendre une thèse pour pouvoir évoluer dans la carrière professionnelle que je visais.

 

La thèse est donc un titre utile dans le milieu de l’industrie?

Cela dépend vraiment des postes que l’on cible. Pour des fonctions de cadres ou à haute responsabilité, le doctorat est un atout. Tandis que pour un travail plus opérationnel, notamment à la paillasse, ce titre n’est généralement pas requis. Sur le marché du travail actuel, il peut même représenter un frein: les entreprises recherchent davantage des technicien-nes que des cadres et les candidates et candidats disposant d’un doctorat sont considérés comme trop coûteux. Cela pourrait toutefois évoluer dans les prochaines années, avec le départ massif à la retraite de cadres.

 

Quelles sont les compétences acquises au cours d’une thèse qui peuvent servir dans l’industrie?

L’industrie a souvent tendance à considérer qu’un doctorat se résume à des années d’études et des heures de paillasse, mais c’est faux. Une thèse implique de nombreuses autres activités: rédaction de dossiers pour des demandes de fonds, gestion de budget, analyse et extrapolation, communication scientifique... Sans oublier la gestion de projet, indispensable pour mener à terme un travail de recherche sur les quatre ou cinq ans impartis. Ces compétences sont clairement très utilisées dans l’industrie.

 

Vous saviez que vous souhaitiez rejoindre l’industrie, avez-vous entrepris des démarches durant votre thèse pour vous en rapprocher?

Oui, j’ai commencé à participer aux événements du Centre de carrière de l’UNIGE ainsi qu’à ceux mis sur pied par d’autres organisations ailleurs en Suisse. Ces rencontres m’ont permis d’échanger avec des professionnel-les, de mieux comprendre les attentes de la branche et de confirmer mon intérêt pour ce secteur. C’est aussi de cette manière que j’ai commencé à construire un réseau, un élément essentiel pour comprendre le marché de l’emploi et identifier les postes auxquels on peut prétendre.

 

Quel conseil donneriez-vous à des doctorant-es envisageant de quitter le milieu académique?

Quand on regarde les profils demandés par les entreprises, on a parfois l’impression qu’elles cherchent des moutons à cinq pattes: des personnes fraîchement diplômées, mais comptant dix ans d’expérience. Il ne faut ni se décourager ni se mettre trop de pression en lisant ce type d’annonce. L’essentiel, c’est d’identifier ses points forts et de les valoriser dans son CV. Les doctorant-es, en particulier, ont souvent le réflexe de lister ce qu’ils et elles ont fait pendant leur thèse – les méthodes utilisées, les machines employées –, mais cela n’a pas toujours de valeur pour le poste visé. L’enjeu est de réussir à traduire son expérience dans le langage de l’entreprise en mettant en évidence les compétences acquises. Sans cette adaptation, il est difficile de franchir la première sélection. Dans cette démarche, le réseau est une aide précieuse. Il ne faut pas hésiter à solliciter des connaissances qui reliront un CV, donneront un avis ou des conseils.

 

Des dispositifs pour favoriser l’insertion professionnelle

Dans le but d’optimiser l’employabilité des doctorantes et doctorants, l’UNIGE propose diverses activités visant spécifiquement la transition hors académie des jeunes chercheurs/euses.

  • Les Cafés carrières se déroulent sous la forme de rencontres interactives sur les perspectives professionnelles après un doctorat, à travers la découverte de parcours, la valorisation des compétences acquises durant la thèse et une information sur les ressources et programmes d’accompagnement.
  • Les événements Speed Mentoring permettent des échanges rapides avec des professionnel-les, souvent eux-mêmes et elles-mêmes titulaires d’un doctorat. L’accent est mis sur les compétences clés, les orientations du marché du travail international ainsi que sur l’amélioration du CV.
  • Le Centre de carrière propose divers ateliers et formations, allant du bilan professionnel à la préparation aux entretiens d’embauche, ouverts aux doctorant-es ainsi qu’aux étudiant-es de bachelor et de master

 

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