Une luciole, source d'inspiration pour des nanotechnologies plus vertes

Les nanorevêtements sont des couches ultrafines, souvent des milliers de fois plus fines qu'un cheveu humain. Ils sont largement utilisés dans l'industrie pour améliorer les performances optiques, mécaniques et chimiques. Cependant, leur production est énergivore et requiert des produits chimiques nocifs pour l'environnement, d’où la nécessité de trouver des méthodes de production plus durables.

 

Une luciole dotée de nanorevêtements antireflets et antiadhésifs

En examinant les nanostructures de nombreux genres de coléoptères, les chercheurs et chercheuses du laboratoire du Pr Vladimir Katanev ont identifié Luciola lusitanica comme un cas unique : la surface de son corps est recouverte de nanorevêtements spécifiques qui sont à la fois antireflets et antiadhésifs, améliorant ainsi la transparence et l'efficacité de ses signaux bioluminescents.

Les résultats, publiés dans la revue EMBO Reports, montrent que les nanorevêtements de la luciole se forment grâce à un auto-assemblage délicat de protéines et de lipides, très sensible à la température. De petits changements thermiques peuvent déstabiliser la structure et empêcher la formation du revêtement. Cette sensibilité limite les lieux où l'espèce peut vivre, mais suggère également que des nanostructures complexes et fonctionnelles peuvent apparaître et disparaître simplement en ajustant les conditions environnementales.

Image microscopique (à gauche) des nanorevêtements recouvrant l'abdomen de la luciole Luciola lusitanica (adaptée de la figure 1 dans Kryuchkov et al. 2026 EMBO Reports) et simulation de la formation du nanorevêtement (à droite). Plus la couleur est claire, plus les protubérances sont hautes.

Ce que la nature nous enseigne ici, ce n'est pas seulement comment fabriquer des nanorevêtements, mais aussi comment les contrôler.

Des insectes lumineux aux technologies plus écologiques

Cette étude sur les lucioles ouvre la voie à de nombreuses applications. Elle pourrait déboucher sur des méthodes plus respectueuses de l'environnement pour produire des nanorevêtements et orienter la conception de matériaux dont l'assemblage peut être contrôlé avec précision. À long terme, cette approche inspirée de la nature pourrait permettre d'activer, d'ajuster ou même d'effacer des nanorevêtements à l'aide de signaux externes tels que la lumière ou les lasers.

 

Autres recherches menées dans le même laboratoire

Actualités
28 janv. 2026

Actualités