Journal n°115

Examens: du papier à l’écran

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L’UNIGE souhaite développer l’examen électronique. Une transition qui fait appel à des questions d’ordre logistique, technique et pédagogique auxquelles un projet pilote apportera des éléments de réponses

Remplacer certains examens sur papier par des examens en ligne (ou e-assessment): la demande est venue d’enseignants de plusieurs facultés. Seule la médecine recourt, à l’heure actuelle, à des examens électroniques. Mais plus pour très longtemps. Depuis janvier 2016, une équipe du service NTICE (Nouvelles Technologies de l’information, de la communication, et de l’enseignement) travaille, sous la direction d’un comité de pilotage interdisciplinaire, au développement d’une solution d’e-assessment intégrée au portail de l’UNIGE.

Les perspectives offertes par cette évolution sont multiples: outre l’intérêt écologique de diminuer l’utilisation du papier et celui d’économiser le temps passé en correction, cette solution peut rendre l’examen plus dynamique (nouveaux types de questions, intégration d’images, de séquences vidéo ou sonores). Elle offre, en outre, la possibilité de donner accès de façon sécurisée à des ressources en ligne ou à des applications tierces durant l’examen. Elle met encore à la disposition de l’enseignant toute une palette d’outils de traitement des résultats (obtention automatique des corrections, progression des étudiants, courbe de distribution, questions discriminatoires).

Défi technique

Afin de concrétiser le projet, une salle dédiée sera prochainement aménagée et équipée d’ordinateurs configurés. Elle s’accompagnera du support technique nécessaire. L’autre pan du projet est d’ordre juridique. Il implique en effet d’adapter les règlements d’études et de se prémunir contre les risques de fraudes et plagiats. Il faudra également prévoir des solutions pour la gestion des données issues des examens. Enfin, un soutien pédagogique est prévu à l’intention des enseignants pour les accompagner dans l’acquisition de nouvelles pratiques en matière de conception des évaluations.

Le logiciel choisi est une application développée par l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich du nom de Safe Exam Browser (SEB), qui offre de multiples possibilités d’adaptations pour l’enseignant, tout en permettant d’utiliser un environnement numérique d’apprentissage comme Moodle pour construire et faire passer l’examen.

Projets pilotes

Afin d’évaluer les besoins et contraintes liés aux différentes structures et disciplines, une large démarche d’exploration est en cours. Dans le cadre de tests pilotes réalisés depuis septembre 2013, six cours (cinq facultés et la formation continue) ont déjà utilisé l’e-assessment pour une quinzaine d’examens et plus de 2000 étudiants. Assistant en Faculté de droit, Axel Schmidlin a fait passer les trois examens QCM du cours de droit des sociétés et comptabilité en version électronique. L’ensemble des modules de cet enseignement sont donnés en ligne. La solution s’est par conséquent avérée, de son point de vue, très adaptée et satisfaisante: des courbes de réussite par question, par étudiant et par classe ont pu être établies mettant en évidence les lacunes, les questions mal interprétées ou trop difficiles; la rapidité des corrections a permis de communiquer très rapidement les résultats aux étudiants.

A contrario, Axel Schmidlin n’utiliserait pas cette solution pour des examens qui nécessitent une rédaction, la forme manuscrite, avec ses ratures et effort de mise en page, apporte, selon lui, de précieuses informations, indispensables pour une correction plus juste.

Eviter la triche

De son côté, Jonas Latt, maître-assistant en Faculté des sciences, a utilisé le système SEB pour tester la programmation informatique auprès d’étudiants en mathématiques. Dans ce cas, le dispositif était plus risqué, car il nécessitait de rendre accessible un certain nombre de ressources tout en bloquant les autres. L’opération s’est avérée positive et permet, selon lui, d’économiser du temps, d’éviter les erreurs liées aux manipulations des copies et de lutter intelligemment contre les tricheries.

Tous deux insistent sur deux conditions indispensables: la présence d’un informaticien dans la salle et des ordinateurs de rechange pour remédier immédiatement aux problèmes le jour J. En 2016, une dizaine d’examens pilotes sont déjà prévus qui intégreront notamment la pharmacie et la traduction.

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