21 mai 2026 - Alexandra Charvet

 

Vie de l'UNIGE

Un accord pour améliorer la santé des populations migrantes

Afin d’assurer une meilleure complémentarité des actions dans le domaine de la santé des migrant-es, un accord de collaboration a été signé, le mercredi 29 avril, entre l’Alliance 4EU+, dont l’UNIGE a pris la présidence, et l’Organisation internationale pour les migrations.


 

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Arthur Erken, directeur régional de l’OIM pour l’Europe et l’Asie, et Audrey Leuba, rectrice de l’UNIGE et présidente de 4EU+. Image: UNIGE


Face à des mouvements de population qui n’ont jamais été aussi intenses qu’aujourd’hui, la question de la santé des migrant-es s’impose comme un enjeu majeur. Souvent confrontées à davantage de problèmes de santé que les populations d’accueil, les personnes réfugiées et migrantes développent des besoins particuliers, façonnés par les épreuves qu’elles ont vécues dans leur pays d’origine, les conditions de leur parcours migratoire ainsi que les politiques publiques des pays de destination. Le droit à la santé pour toutes et tous étant un principe inaliénable, répondre à ces besoins constitue une priorité mondiale.

C’est dans cette perspective que le pôle Santé urbaine et démographie de l’Alliance européenne 4EU+ s’est saisi de la question, encore trop souvent insuffisamment prise en compte dans les systèmes de soins des pays d’accueil. «L’objectif est de mieux connaître ces populations ainsi que les réponses apportées à leurs problèmes de santé dans chacun des pays de l’Alliance, afin de partager les expériences et les bonnes pratiques, de les documenter et, à terme, d’élaborer des recommandations», explique Éric Comte, directeur du Geneva Health Forum et représentant de l’UNIGE au sein du pôle.

Mieux comprendre les réalités migratoires

Dans cette dynamique, l’Alliance a souhaité développer des synergies avec les organisations de santé de la Genève internationale actives dans ce domaine. Elle a ainsi mis sur pied un espace de discussion réunissant l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Deux besoins prioritaires en ont émergé: d’une part, faire évoluer le narratif sur la migration et, d’autre part, mieux comprendre les réalités migratoires à l’échelle régionale. «Les besoins des migrant-es arrivant à Lampedusa à bord d’embarcations en provenance de Tunisie ou de Libye n’ont rien à voir avec ceux observés à Copenhague, où la politique de limitation des demandeurs d’asile est particulièrement stricte, souligne Éric Comte. Pour pouvoir mettre en place des mesures adaptées, l’OIM, qui accompagne les gouvernements, comme l’OMS, chargée d’élaborer des plans d’action globaux, ont besoin de comprendre ce qui se passe localement.»

Afin de répondre à cette nécessité, l’Alliance a lancé des études documentées sur les patient-es accueilli-es dans les hôpitaux liés aux universités partenaires. Le volet genevois est dirigé par les professeur-es Yves Jackson (Département de santé et médecine communautaires) et Claudine Burton-Jeangros (Département de sociologie), qui coordonnent également l’étude au niveau européen. Des premiers résultats seront présentés fin mai, lors de l’Assemblée générale de la santé.

«La bonne santé physique et mentale favorise la participation aux activités sociales, culturelles et sportives ainsi que l’employabilité et l’activité professionnelle, autant de facteurs essentiels à l’intégration des personnes migrantes dans la société d’accueil et à leur contribution au bien commun, précise Éric Comte. À ce titre, un accès universel aux soins ainsi qu’aux programmes de promotion et de prévention de la santé constitue un enjeu fondamental.»

Une coopération inscrite dans la durée

Ces échanges ont progressivement fait émerger un autre besoin: inscrire la coopération dans la durée. Après l’organisation de plusieurs espaces de discussion en marge de l’Assemblée mondiale de la santé ou du Global Health Forum, l’Alliance a entrepris de formaliser ces liens. Cette démarche s’est concrétisée le 29 avril dernier avec la signature d’un accord entre 4EU+ et l’OIM. Celui-ci vise à coordonner les actions en matière de migration, de recherche et de formation afin de renforcer la coopération, d’éviter les doublons et de favoriser un soutien mutuel, notamment par le partage de documents et d’informations ainsi que par la mise en œuvre de projets d’intérêt commun. Il prévoit en particulier le développement conjoint de projets de recherche, la participation croisée à des événements et structures consultatives, le codéveloppement de programmes de formation, des stages au sein de l’OIM et du mentorat pour les étudiant-es et jeunes professionnel-les.

«Cette collaboration illustre l’un des atouts distinctifs de l’UNIGE au sein de 4EU+: son ancrage dans la Genève internationale et son expertise à l’interface entre science et diplomatie, explique Fiona Thonier, responsable du bureau 4EU+ à l’UNIGE. La conclusion de cet accord revêt une importance particulière cette année, alors que l’UNIGE assure la présidence de l’Alliance, tout en représentant une réalisation emblématique de notre mandat.» À noter qu’un accord similaire est en cours d’élaboration avec l’OMS.

 

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