22 mai 2026 - UNIGE
Cinq chercheuses de l’UNIGE se distinguent au Concours d’images scientifiques du FNS
Deux chercheuses de l’Université de Genève ont reçu un prix du Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS), dans le cadre de son Concours d’images scientifiques.

Photo-ethnography hybridising contemporary arts, by Claire Galloni d'Istria
Chercheuse au Département de géographie et environnement (Faculté des sciences de la société), Claire Galloni d'Istria pratique la photo-ethnographie expérimentale, au croisement entre l’art et l’ethnographie, pour interroger les manières d’habiter les milieux alpins. Elle explore notamment la manière dont les pratiques humaines et non humaines se recomposent actuellement dans les Alpes et comment ces territoires sont vécus, négociés et redéfinis dans un contexte de transformations environnementales rapides.
Sur la photo qui lui a valu d’obtenir le premier prix dans la catégorie «Object of Stuy», sa collègue Anna Sakowicz porte un masque d’oiseau emprunté à la collection du Théâtre Am Stram Gram à Genève, créé par l’artiste Werner Strub, introduisant une présence non humaine à travers un dispositif théâtral. Cette image d’une créature hybride questionne la manière dont les identités humaines peuvent se comprendre également en relation avec des entités animales – ici, celle des oiseaux.
A living crowd at the microscopic scale, by Inés Segovia Campos
Chercheuse au Département F.-A. Forel des sciences de l’environnement et de l’eau (Faculté des sciences), Inès Segovia Campos a remporté quant à elle le prix de la catégorie «Video loop» pour sa séquence filmée au microscope intitulée «A living crowd at the microscopic scale».
Cette vidéo, accélérée 20 fois, montre le mouvement collectif de cellules Euglena gracilis densément regroupées, observées au microscope avec un objectif à immersion dans l’huile d’un agrandissement 60x. Ces organismes unicellulaires brouillent la frontière entre les plantes et les animaux: comme les plantes, ils possèdent des chloroplastes et pratiquent la photosynthèse; comme les animaux, ils se nourrissent de manière hétérotrophe, à savoir en consommant de la matière organique externe.
Euglena ne possède pas de paroi cellulaire rigide et change continuellement de forme pour se déplacer dans des environnements denses ou visqueux. Elle peut rapidement adapter son métabolisme et son comportement, ce qui en fait un organisme modèle précieux en écotoxicologie, souvent utilisé comme indicateur précoce de la pollution et du stress environnemental dans les écosystèmes aquatiques. Cette vidéo révèle la dynamique cachée de la vie microscopique, où un apparent chaos masque une capacité d’adaptation remarquable.
Trois autres chercheuses ont reçu une distinction du jury.

Crystallisation of vitamin B complex, by Hélène Lambert
Hélène Lambert, de la Section de chimie et biochimie (Faculté des sciences), a obtenu une distinction dans la catégorie «Object of study» pour son image montrant la cristallisation d’un mélange de différentes vitamines B observée au microscope à lumière polarisée, avec des tons dorés caractéristiques. Au-delà de son intérêt scientifique, ce cliché suggère que l’ordre esthétique n’est pas seulement subjectif mais qu’il peut naturellement découler de lois physico-chimiques. L’harmonie générée par l’auto-organisation de simples composés chimiques tisse un lien entre la perception et la compréhension, et rappelle que des principes fondamentaux similaires régissent la matière, la vie et la culture.

Eyes on the sky, by Sophie Venselaar
Sophie Venselaa, du Département d’astronomie (Faculté des sciences), s’est vue attribué une distinction du jury dans la catégorie «Locations and instruments». Son cliché du réseau de télescopes ALMA situé à 5 058 mètres d’altitude dans le désert d’Atacama, au Chili, met en scène une infrastructure aussi majestueuse que révolutionnaire. Constitué de 66 antennes de 15 mètres de haut, ALMA est capable d'étudier le processus de formation des planètes autour des jeunes étoiles et d’observer les trous noirs supermassifs grâce à sa capacité à voir à travers les nuages interstellaires, objets des recherches menée par la scientifique de l’UNIGE.
Should I stay or should I go? by Yamini Ravichandran
Chercheuse à la Section de chimie et biochimie (Faculté des sciences), Yamini Ravichandran s’est laissée inspirer d’un tube des années 1980 du groupe The Clash pour intituler la vidéo qui lui a valu une distinction du jury dans la catégorie «Video loop». Ses images montrent une hydre en train de reconstituer ses pieds. Les tissus bougent beaucoup du fait des mouvements des tentacules, ce qui rend la prise d’images particulièrement difficile. L’animal semble presque danser. Les biologistes, dont Yamini Ravichandran, s’intéressent à ces organismes pour leur extraordinaire capacité à se reconstituer et à atteindre une forme d’immortalité.
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