1974-02-06, Alexandre Marc à Denis de Rougemont
Le 6 février 1974
En rentrant à Nice, je trouve enfin ton amicale lettre du 18 janvier qui a mis beaucoup de temps pour me parvenir.
À dire vrai, comme je n’entendais plus parler de toi, je me faisais du mauvais sang en croyant que c’était ton état de santé qui me valait ce silence prolongé. Heureusement, il n’en est rien et je m’en félicite.
Maintenant, une réponse rapide aux deux points évoqués dans ta lettre, puisque nous n’aurons pas le plaisir de vous voir ici, ni à Nice, ni à Opio. Je compte sur ton indulgence pour en excuser le style lapidaire dont tu comprendras la raison en jetant un coup d’œil sur la lettre circulaire jointea.
1. J’ai fait tout mon possible pour arracher à César Dujany et à Ilario Lanivi une décision claire et nette. Au moment où je dicte ces quelques lignes, rien n’a encore transpiré des intentions de la Junte. Alors, comme je ne dispose pas de beaucoup de temps devant moi — et si aucun élément positif n’intervient d’ici les 12 ou 13 mars — je te suggère de poser aux Valdôtains un véritable ultimatum : est-ce oui ou est-ce non ?
En attendant, j’ai engagé des démarches auprès de la région Lombardie et de la Bavière. Les premières réactions paraissent favorables. Et en Suisse ? Tu es bien placé pour répondre à ce dernier point d’interrogation.
2. En ce qui concerne le projet de rencontre, j’en suis partisan, comme toi-même, malheureusement, comme en témoigne la lettre circulaire déjà citée, je suis incapable, dans les conditions présentes, de m’en occuper.
[p. 2]Hélas ! Il nous faudra donc attendre.
Je te souhaite du courage pour votre déménagement.
P. S. Nous connaissons, bien entendu, Marc Lengereau, qui vient du reste de nous proposer son prochain livre, précisément sur la Vallée d’Aoste.