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1979-03-30, Alexandre Marc à Denis de Rougemont

Mon cher Denis,

Ta bonne (oui, vraiment) lettre du 25 vient de me parvenir à l’instant et je m’empresse, non pas de te répondre (il y faudrait beaucoup plus de temps), mais de t’adresser un accusé de réception, en quelques lignes et en gros points :

1° « Toutes affaires cessantes », je vais lire « notre » Rapport. Tu m’as l’air de n’avoir pas perdu ton temps. Qui publie ce texte en France ? L’Europe en formation aurait-elle le droit d’en tirer des extraits ? En tout cas, bravo !

2° Bien que retraité et de plus en plus plongé dans des recherches méthodologiques, je ne puis refuser, moi qui t’ai demandé ton nom tant de fois, te refuser le mien. Fais-le donc fructifier au bénéfice de notre cause commune.

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3° Ton invitation nous va droit au cœur, mais tu n’ignores point les problèmes de la retraite. Sans me donner le droit de me plaindre, la mienne de retraite m’oblige à une politique de relative austérité.

4° En revanche, nous espérons, Suzanne et moi, être invités, financièrement parlant, à Athènes. On me dit que vous ne pensez pas à vous y rendre : s’il s’agit de la difficulté métaphysique décelée ci-dessus, adresse-toi immédiatement à Ferdinand, je pense qu’il se débrouillera pour la surmonter.

… en conséquence : rendez-vous au pied de l’Acropole. Y a-t-il un meilleur endroit pour proclamer que l’avenir est (encore, mais pour peu de temps) notre affaire.

À Nanik et à toi, de notre part et en toute hâte,
Amitiés,
Alex