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Faites part, ne fût-ce que d’un verre d’eau, aux petits de ce monde, a demandé Jésus.
Mais, de même que les Pharisiens atténuaient la loi divine par la tradition des anciens, de même aussi l’Église a fait passer les enseignements du Christ après le plan égoïste qu’elle s’est imaginé. Elle a réduit au strict nécessaire ses devoirs sociaux pour donner son superflu aux soins de l’au-delà .
Autre chose qu’une morale vague prêchée du haut des chaires viderait les Églises, aussi se gardent-elles de changer quoi que ce soit à l’ordre du passé.
Voilà pourquoi l’Église n’est pas épouse du Christ, voilà pourquoi le christianisme social est en butte aux critiques. L’Église est devenue le pire des foyers conservateurs, la plaie qui pourrit tout l’organe.
Qu’a-t-elle fait pour maintenir l’élan de ses origines sacrées ? Qu’a-t-elle fait pour défendre le peuple misérable contre l’oppresseur puissant, pour établir la fraternité entre les nations, l’égalité entre les conditions, la possibilité de s’affirmer soi-même ? Qu’a-t-elle fait pour enrayer la pauvreté, pour sortir l’homme de l’abrutissement du travail intensif, pour délivrer l’enfant des traitements du patron, pour ramener la femme à la liberté, pour étendre l’instruction et la conscience des droits et devoirs ? Qu’a-t-elle fait pour offrir au peuple autre chose que son ordinaire monotone ? En quoi s’est-elle souciée des frères mêmes du Christ ?
L’Église a tout ignoré. Elle a refusé de connaître qu’autre chose était né, qu’elle ne suffisait plus aux besoins généraux, que des mouvements immenses allaient la surpasser. Elle s’est renfermée en un optimisme scandaleux.